Les B.D… À proscrire ou à permettre?

Par Myriam Gagnon, M.A., M.Ed.

En juin dernier, nous avons eu la chance d’animer un atelier pour parents en partenariat avec L’AQETA Saint-Léonard. Et certains de nos participants se sont questionnés sur la B.D.

Les parents se demandaient s’il était bénéfique de permettre la lecture de bandes dessinées aux enfants qui ont de la difficulté à lire ou à se motiver à lire.

Il est toujours difficile de répondre à ce type de question sans nuancer les propos. En fait, notre opinion est qu’il est tout à fait pertinent de s’intéresser à ce genre de livre. Les enfants aiment retirer du plaisir en lisant et certains d’entre eux retireront leur plaisir à travers la bande dessinée. D’autres enfants choisissent ce type de livre, car les images abondantes leur permettent de bien soutenir leur compréhension.

Nous estimons que cultiver le plaisir de lire est primordial. Ainsi, si l’enfant doit lire des bandes dessinées pour cultiver ce plaisir, c’est selon nous une stratégie tout à fait acceptable.

Votre rôle de parent sera ensuite d’amener en douceur votre enfant vers d’autres types de livres, en passant par les revues documentaires, les romans hybrides et la lecture partagée pour l’encourager à terminer son livre.

QU’EST-CE QU’UN ROMAN HYBRIDE? Il s’agit d’un livre de fiction qui cumule plus d’un genre littéraire, par exemple, la bande dessinée et le texte continu (en prose). Les enfants adorent!

Apprendre à la maison, en période de confinement

  • Par Myriam Gagnon, M.A., M.Ed.
  • Directrice et orthopédagogue

En cette période de confinement, nous recevons plusieurs messages et questions de parents qui se sentent parfois décontenancés, voire épuisés, par leur 3e rôle désormais ajouté.  Alors qu’ils doivent assumer pleinement leur rôle de parent tout en aménageant un horaire de travail professionnel à distance, voilà qu’il faut maintenant assumer celui de professeur.  Mais comment s’y prendre?

Je vous invite tout d’abord à lire cet article, L’école à la maison, oui mais sans culpabilité! de la journaliste Florence Dujoux et auquel j’ai contribué.

Il est tout à fait possible, en tant que parent, de modifier le plan envoyé par l’école si celui-ci vous semble trop élaboré ou au contraire, trop lacunaire.  Pour un élève en difficulté, l’essentiel serait de se concentrer sur les apprentissages en lecture, en écriture et en mathématiques. Pour le reste, comme les sciences ou l’univers social, cela peut se faire de façon informelle, par la simple curiosité de l’enfant, en feuilletant des livres, en regardant des documentaires en famille ou en faisant des jeux de connaissances à la maison.

Pour la lecture, c’est plutôt simple: prenez des livres correspondant au niveau de lecture réel de l’enfant et faites de la lecture partagée (chacun une partie de phrase,  une phrase, un paragraphe ou une page, dépendamment de la facilité de votre enfant à lire).

Pour l’écriture, attention de ne pas vous éparpiller parmi les multiples ressources disponibles sur internet! Choisissez un site qui reverra les notions grammaticales, et faites deux ou trois dictées de mots ou de quelques phrases par semaine. Les enfants de 1e année à 4e année aimeront particulièrement les vidéos des Fondamentaux du Réseau Canopé pour la révision des règles d’orthographe et de grammaire.

Si votre enfant est suffisamment autonome, demandez-lui de se lancer dans un projet personnel d’écriture: une bande dessinée s’il aime le dessin, un court roman, des fiches explicatives sur des créatures fantastiques, des planètes, des volcans, bref sur un sujet qu’il aura choisi et qui piquera sa curiosité!

En mathématiques, je vous recommande de simplement réviser les notions de base que votre enfant doit connaître. Pour ce faire, voici deux intéressantes suggestions: linstit.com, mazonecec.com.

Impossible de faire travailler votre enfant pendant que vous travaillez? Il n’est pas suffisamment autonome ou a trop de difficultés? Tentez de structurer votre journée en lui accordant de 30 à 45 minutes le matin avant que vos réunions en télétravail ne débutent, tentez ensuite de lui accorder deux périodes de 30 minutes durant la journée, et en soirée, accordez-lui toute l’attention nécessaire. Vous trouverez ainsi plusieurs courtes périodes de travail à effectuer avec lui et il sera possiblement moins enclin à interrompre vos réunions s’il sait à l’avance à quel moment vous serez disponible pour lui. 

N’oubliez pas que si votre enfant a besoin d’une aide d’une orthopédagogue, il est possible de faire des rencontres de rééducation à distance. La Clinique offre cette aide… profitez-en!

Le prix du public Myriam Gagnon

Connaissez-vous le FIFEM? Saviez-vous que votre enfant aura la chance de voter pour son film favori?

La Clinique d’orthopédagogie Myriam Gagnon est très heureuse d’être partenaire du FIFEM pour le Prix du Public Myriam Gagnon!

Amenez votre enfant voir des films de grande qualité artistique lors de la semaine de relâche!
Pour plus d’informations, nous vous invitons à visionner cette courte vidéo explicative.

Les difficultés d’apprentissage au cégep et à l’université

Par Myriam Gagnon, directrice clinique et orthopédagogue

Il y a quelques années, je travaillais notamment avec des étudiants du cégep qui souhaitaient s’améliorer dans leurs cours de formation générale, comme le français (littérature) et la philosophie. Ils prenaient la peine de m’appeler eux-mêmes et m’exposaient leurs difficultés en écriture, en rédaction, en lecture, en analyse et en synthèse d’information. Cependant, le portrait des étudiants adultes que je reçois a maintenant changé et je reçois dorénavant davantage d’étudiants de l’université, inscrits au baccalauréat. Pour ceux qui fréquentent le cégep, ils sont inscrits à des programmes de double DEC ou en sciences de la nature et ne consultent plus exclusivement pour leurs cours de français ou de philosophie, domaines dans lesquels, au contraire, ils sont très forts. J’aimerais profiter de cet espace pour vous faire part de mes observations quant à la nature des difficultés que rencontrent ces étudiants et des principaux éléments qui composent mon approche afin de les aider à réussir de leur mieux.

À travers l’histoire scolaire que je dresse avec eux lors de la première rencontre, je constate que les adultes que je reçois ont eu un parcours primaire et secondaire souvent sans entrave majeure. Ils ont pu, à un moment ou à un autre durant leur scolarité, démontrer leurs qualités exceptionnelles dans quelques matières, voire, démontrer une certaine facilité d’apprentissage. Quelques-uns ont fréquenté l’école privée, d’autres l’école publique. Dans un milieu comme dans l’autre, ils ont vécu certains défis sur le plan de l’adaptation ou de la transition, mais ont été en mesure de s’en sortir par leurs propres moyens ou à l’aide d’une psychothérapie parfois combinée à une médication. Voilà ce qui me touche particulièrement: ces étudiants, qui étaient cognitivement disposés à réussir, ont tous vécu un épisode de problème de santé mentale durant leur adolescence. Et ce qui m’interpelle également, c’est que leur vécu scolaire aboutit, en fin de compte, par des échecs aux études post-secondaires.

Ces étudiants cognent à ma porte avec un franc désir de s’améliorer et de comprendre ce qui ne va pas. Ils arrivent avec leur histoire scolaire personnelle que nous décortiquons ensemble lors de l’entrevue initiale. Nous analysons ensemble ce qui a marqué positivement et négativement leur parcours, et tentons de déterminer avec quelles forces et quelles lacunes ils entreprennent leurs études post-secondaires. Puis, nous utilisons certains questionnaires de l’excellent Guide de réflexion sur les stratégies d’apprentissages à l’université élaboré par François Ruph.

Les étudiants qui me consultent font quelques fautes de français, mais aucune difficulté majeure n’est observée sur ce plan. Certains ont des difficultés avec la rédaction de travaux, mais nous parvenons à les aider en leur enseignant des stratégies de planification et d’élaboration d’idées. Cependant, une difficulté qui leur est toutefois commune touche l’autorégulation des apprentissages.

L’autorégulation, c’est cette capacité qu’ont les apprenants à bien gérer leurs apprentissages devant une tâche. Plusieurs composantes sont inter-reliées, parmi lesquelles la motivation et le vouloir apprendre, la perception de sa propre valeur et les concepts de soi, le choix des stratégies cognitives, leur ajustement en cours de travail et l’auto-évaluation de sa performance. Il y a ainsi les volets affectif et cognitif qui se côtoient. Lorsque nous devons travailler sur l’autorégulation, il importe ainsi d’évaluer quelles composantes sont déficitaires chez l’étudiant afin de travailler efficacement pour constater des améliorations.

Or, souvent, en plus de quelques composantes cognitives, je constate à travers ma pratique que les composantes affectives sont très souvent touchées. Le concept de soi qui se construit négativement et les perceptions de soi erronées quant à sa propre valeur comme élève peuvent déjà être observées par les enseignants et professionnels très attentifs dès le primaire. Lorsque l’on en perçoit déjà les premiers signes et symptômes dès l’enfance, il est primordial de considérer que l’enfant grandira avec symptômes jusqu’à l’âge adulte et que ceux-ci affecteront probablement son parcours scolaire. D’où la nécessité d’agir rapidement.

L’autorégulation par le jeu de stratégie

Par Myriam Gagnon, directrice clinique et orthopédagogue

Des vacances, un long congé en vue ?  Pourquoi ne pas profiter de ces moments agréables en famille pour faire un jeu de stratégie ?

Si vous souhaitez que votre enfant développe sa capacité de planification et d’organisation, profitez de moments agréables de jeu en famille ! Ce sera l’occasion de montrer à votre enfant comment il peut travailler les stratégies gagnantes en résolution de problème tout en s’amusant. 

Pourquoi ?

Les enfants qui éprouvent des défis dans l’organisation des apprentissages à l’école ont très souvent des difficultés à auto-réguler leurs apprentissages. Votre enfant a tendance à travailler rapidement ? Il lit les problèmes mathématiques sans trop réfléchir et laisse des traces écrites trop vagues ou brouillonnes quand il doit structurer sa démarche ? Ou encore, vous avez l’impression qu’il ne met pas les bonnes stratégies de résolution de problème en pratique ? 

L’autorégulation consiste en une série d’actions qui permettent de gérer une tâche à plusieurs étapes.  Votre enfant doit notamment faire preuve d’une bonne autorégulation lorsqu’il doit résoudre des problèmes, effectuer des tâches de recherche et de synthèse d’informations, lire un texte et répondre à des questions ou faire des productions écrites.  Ainsi, il doit apprendre à bien analyser sa tâche, planifier et organiser sa démarche, mettre en pratique des stratégies efficaces, mais il doit aussi les ajuster en les réévaluant en cours de route.

Le jeu de stratégie en famille s’avère un choix tout à fait judicieux pour aider votre enfant à ce niveau.  En apprenant à gérer une stratégie de jeu efficace, il deviendra peu à peu en mesure de transférer cette habileté dans des tâches scolaires.

Comment ?

Soyez un modèle pour lui ! Étalez votre stratégie de jeu pour commencer.  Cela signifie que vous pouvez verbaliser à voix haute votre but et votre démarche de jeu, du début à la fin.  Expliquez comment vous planifiez débuter le jeu et pourquoi vous avez décidé de procéder ainsi.  En cours de jeu, nommez vos bons coups, faites ressortir les mauvais coups, expliquez quelles seront les conséquences anticipées, et enfin, dites comment vous vous réajustez afin de gagner.

Les stratégies changent souvent en cours de jeu puisque vous les réévaluez constamment et c’est normal pour vous.  Votre enfant, surtout s’il éprouve des défis à ce niveau, ne saisit toutefois peut-être pas cette nécessité de se réajuster en cours de route.  Il peut même parfois voir qu’il est en train de perdre et se décourager, ou – pire ! – devenir frustré par le jeu ! 

Mais rassurez-vous, votre enfant appréciera votre partage d’expérience.  Cela l’aidera même à dédramatiser ses erreurs qui le conduiraient à un jeu perdu. Plus vous lui partagerez votre stratégie de jeu, plus il apprendra comment bien procéder. 

Invitez-le à verbaliser à son tour sa stratégie, du début à la fin.  Devant ses choix et décisions, n’hésitez pas à lui poser des questions afin de l’aider à évaluer sa démarche.  Laissez-le expérimenter ses stratégies et constater par lui-même ses bons et moins bons coups.

Ne cessez jamais de l’encourager, car avant tout, le jeu doit rester plaisant ! Participer à une atmosphère familiale positive et toujours agréable restera le but premier de chaque adulte et enfant lorsque vous choisissez de faire ensemble un bon jeu de stratégie.

Quels jeux?

Blokus, Logix, Mastermind et Monopoly attirent notre attention.

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